Un article précèdent évoquait l’hypnose comme une solution crédible et sans médicaments face à l’agoraphobie (voir l’article).  Cette fois, nous analyserons plus en détail les causes de cette "peur de la peur" .

L'agoraphobie et les causes

Sur cette page :

L'agoraphie c'est quoi ?

L'agoraphobie, c’est la crainte des espaces ouverts. Plus particulièrement, il s’agit d’un trouble anxieux pour lequel les symptômes apparaissent la plupart du temps face à des espaces sans limitation ou dans des situations où la configuration du lieu empêcherait la personne de s’échapper ou bien de recevoir de l’aide en cas de crise. Elle fait donc tout son possible afin d’éviter ces lieux ou ces situations qui pourraient déclencher la peur d’un malaise, d’un accident, de perdre la maîtrise de soi-même, de devenir fou, de mourir sur place (au milieu d’une foule par exemple).

 

Selon l’Institut de l’Agoraphobie de Madrid, 3,5% de la population serait agoraphobe. En 1987, une étude empirique effectuée par Östa estimé l'âge moyen du début de l'agoraphobie à 28 ans. Quelques années plus tard, en 2005, (Kessler, Berglund) réévalua cet âge moyen à 24 ans.

Les causes probables

Décrire un trouble est important, cependant, il est essentiel d’en évoquer les causes probables, et lorsque l’on évoque les origines, il faut être conscient que les caractéristiques personnelles de chaque individu jouent un rôle parfois déterminant dans le diagnostic. On peut par exemple citer la dépression, une mauvaise estime de soi, d’autres troubles liés à l’anxiété, ou une attitude à éviter les situations difficiles et à contourner les problèmes.

 

 Avez-vous pensé à l'hypnose ? Contactez un Hypnothérapeute parmis ceux que nous conseillons

 

En outre, nombre de psychologues expliquent qu’un comportement de surprotection d’un ou des parents à l’égard d’un enfant, ou bien un manque d’affection, sont des facteurs importants qui peuvent favoriser l’apparition des symptômes. Il est à noter qu’un grand nombre de personnes atteintes affirment avoir rencontré, pendant leur enfance ou lors de l’adolescence, un épisode de stress important. Les crises de panique peuvent survenir des années plus tard et à n’importe quel moment.

 

Enfin, le stress rencontré peut tout simplement découler de la vie quotidienne comme son travail, ou encore à la suite d’évènements désagréables comme par exemple un deuil suite à la perte d’un proche, un problème de couple, une maladie, une opération chirurgicale ou toute autre changement majeur dans la vie d’une personne.   

L’agoraphobie et les femmes

L'agoraphobie est plus fréquente chez les femmes et sa prévalence a augmenté ces dernières années

Environ 80% des agoraphobes sont des femmes, ce qui représente plus de deux tiers des personnes qui en souffre.

Raisons possibles :

L’une des raisons possibles, serait que les femmes sont certainement plus sujettes à l’anxiété que les hommes. Mais il y aurait également une hypothèse biologique, qui s’expliquerait par des facteurs hormonaux. En effet, la testostérone, qui est présente principalement chez les hommes, est associé à un comportement plus enclin à la dominance et à affronter les obstacles de manières frontale, plutôt que d’envisager des solutions de contournement. 

 

Il y a une dernière hypothèse, apparue dans une étude datant de 1990 (l’étude de Pollard). Celle-ci met en lumière le fait que cette peur est plus fréquente chez les femmes alcooliques (38%) que chez les hommes présentant la même dépendance (17%).

 

Le tempérament et même le stress environnemental sont d'autres causes indirectes qu’il est important de souligner. Dans tous les cas, il existerait bien des facteurs de risques :

 

  • Un diagnostic de trouble panique ou autres phobies
  • Vivre des événements stressants dans la vie, tels que la maltraitance, le décès d'un parent ou une agression
  • Avoir un tempérament anxieux ou nerveux
  • Avoir un parent atteint d'agoraphobie

 

Il a par ailleurs été établi qu'entre 8% et 10% des patients souffrant d'agoraphobie souffraient également de trouble obsessionnel compulsif.

Comment comprendre l’agoraphobie ? 

Certains médecin présente l’agoraphobie comme un genre de traumatisme ou bien de conflit interne et que celui-ci s’exprime de manière symbolique par la peur de lieux et d’espaces. Cependant, ces types d'explications sont parfois vaines dans la recherche des causes, notamment parce qu'ils oublient les causes organiques éventuelles, celles qui sont directement liés à nos fonctions biologiques et dont résultent nos pensées et nos humeurs.

 

S'il est vrai que l' on ne sait pas exactement ce qui cause l'agoraphobie , un lien entre ce type de trouble et des taux anormalement bas de sérotonine dans certaines parties du cerveau a été détecté. Ces faibles niveaux de sérotonine peuvent être à l'origine d'une mutation génétique, mais ils peuvent aussi être dus à une décompensation chimique provoquée par certaines expériences ou à la consommation de certaines substances, ou bien être le produit de tout cela à la fois.

 

Que cette constatation finisse par aboutir ou non à expliquer les mécanismes à la base de ce trouble, il est clair qu’il n’y a pas une cause unique d’agoraphobie, mais plusieurs, comme cela se produit dans pratiquement tout phénomène psychologique pathologique, ou non.

 

L’agoraphobie apparaît et s’exprime à travers des facteurs biologiques et génétiques, mais aussi culturels et basés sur l’apprentissage que chaque personne a réalisé et qui constituent sa mémoire. 

En savoir plus sur la thérapie par l’hypnose

Découvrir l’article : les symptômes de l’agoraphobie

Découvrir l'article : l'agoraphobie et le travail

Découvrir l'article : l'agoraphobie et les situations les plus redoutés

 

 

Sources et références :

Adamec, C. (2010). L'encyclopédie des phobies, des peurs et des angoisses, troisième édition.Infobase Publishing. p. 328

American Psychiatric Association (2013), Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e éd.), Arlington: American Psychiatric Publishing.

Badós, A. (2006). Traiter la panique et l'agoraphobie. Madrid: pyramide.

 

(Article relayé par Maria Gonzales, Psychologue et experte en thérapie cognitivo-comportementale de l’enfance et de l’adolescence.

 

Articles intéréssants Des articles qui pourraient vous intéresser :    

Le déroulement d'une séance « Détendez-vous ! »

35 minutes à 1h30

Présentation

Vous apprenez à connaitre votre praticien, tout comme lui apprend à vous connaître. N’hésitez pas à lui faire part de vos appréhensions s’il y en a, il sera disposé à répondre à toutes vos questions. Le praticien considère ce que vous êtes en tant que personne dans son ensemble, et pas uniquement la problématique que vous amenez : vous êtes bien plus que votre problème et cette notion est importante pour que le changement soit durable et efficace.

Vos objectifs

Lors de cette deuxième partie, vous et votre praticien évoquerez les objectifs fixés. Il s’agit ici d’en savoir plus sur les raisons de cette séance, et les buts à atteindre pour que vous vous sentiez mieux.

Explication du travail à faire

Maintenant, le praticien à une idée de la manière dont le travail va s’effectuer. Il va vous expliquer le déroulement de la séance et vous guider. Sentez-vous libre d’exprimer ce que vous ressentez et ce dont vous avez besoin pour vous sentir au mieux pendant la séance.

La séance

« Dormez, je le veux ! » Cette formule légendaire est désormais réservée au music-hall… Pratiquée par un praticien, l’hypnose est déclenchée de manière très progressive. Vous êtes libre de parler et de répondre si vous en avez envie ou de répondre intérieurement aux questions et aux phrases qui sont dites. Tout ce que vous aurez besoin de savoir, c'est qu'a partir de maintenant le changement est en marche.

Le réveil

Même si l’état d’hypnose est loin d’être un état de sommeil, nous parlons de « réveil », une façon de revenir à la surface pour profiter des changements qui se sont effectués. Cette dernière étape est souvent l'occasion d’échanger avec son praticien sur la manière dont s'est déroulée la séance.

Présentation Vos objectifs Explication du travail à faire La séance Le réveil