L'hypnose, un outil précieux en chirurgie dentaire

Hypnose pour le secteur hospitalier dentaire
Hypnose pour le secteur hospitalier dentaire

La pratique de l'hypnose dans les hôpitaux n'est plus anecdotique. En s'adressant à l'inconscient, elle permet la détente, le contrôle de la douleur. Reportage à la faculté de chirurgie dentaire de Toulouse.

Allongée sur le fauteuil, un champ opératoire sur le haut du corps, un autre sur le visage, Pierrette est prête. Prête pour aller se promener dans son jardin, au milieu des fleurs et des oiseaux qu'elle aime tant. C'est ce que lui a promis Jean-Marc Bergia, cadre de santé du service d'odontologie (CHU de Toulouse, université Toulouse III Paul-Sabatier), formé en hypnose médicale. La sexagénaire va subir une greffe gingivale, une autogreffe qui consiste à prélever une partie de son palais pour la poser sur sa gencive inférieure et assurer ainsi la continuité de ce tissu autour de son appareil dentaire. L'intervention se fait sous anesthésie locale mais, pour contrer l'anxiété de Pierrette, l'infirmier va pratiquer l'hypnose.

 

«L'hypnose médicale a toute sa place en odontologie : lorsque l'anesthésie locale a du mal à prendre, lorsque les patients sont phobiques, lorsqu'ils serrent très fort leurs dents (bruxisme), lorsqu'ils sont nauséeux parce qu'ils ont du mal à accepter leur dentier, et bien sûr pour toute la prise en charge de la douleur », explique Jean-Marc Bergia, formé par le Pr Franck Diemer qui pilote le diplôme universitaire d'hypnose médicale en chirurgie dentaire à Toulouse.

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Placé derrière la tête de la patiente, pendant les 45 minutes de l'intervention, l'hypnothérapeute guide son inconscient. Les odeurs et les goûts des produits que le chirurgien et l'interne lui mettent dans la bouche se transforment pour Pierrette en éléments de son jardin, tout comme les rares bruits autour d'elles – cliquetis des instruments que l'on pose sur la table opératoire, compresses que l'on sort de leurs sachets. Préparée au contexte, l'équipe communique par signe, les étudiants observent en silence. «C'est une façon différente de travailler, nous n'interagissons pas avec le patient. Nous suivons d'une oreille l'hypnothérapeute tout en restant très concentrés sur notre travail. L'hypnose permet aussi de réduire la salivation, les saignements et évite le rajout de produit anesthésique », concède le Dr Sara Laurencin, praticien hospitalier qui a mené l'opération avec une précision d'orfèvre. «L'ambiance au bloc est plus détendue, on peut ressentir l'apaisement que je suggère parfois dans mes improvisations pour les personnes autour de la patiente », complète Jean-Marc Bergia.

 

Invitée à revenir dans la réalité de la salle d'opération, Pierrette sourit, son visage est détendu, reposé même. «J'ai voyagé, j'ai revu des sites merveilleux, j'ai suivi cette merveilleuse mésange bleue que j'aimerais tant revoir dans mon jardin. J'ai senti ma respiration plus calme, je peux même dire que j'ai lâché prise tout en sachant ce qu'il se passait autour».

Publiée sur ladepeche.fr  par Emanuelle Rey

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