Sarreguemines : l’hypnose contre les troubles de l’apprentissage

Hypnothérapeute

Dès aujourd’hui, Thomas Buttaci, neuropsychologue, et Stéphanie Bédé-Völker, psychologue et hypnothérapeute, lancent des ateliers pour ados "Dys". Ils développeront des techniques basées sur l’auto-hypnose.

Ils passent à tort pour des enfants turbulents, inattentifs, maladroits. Ils vont jusqu’à s’attirer les foudres de leurs parents et des enseignants. Ils ne sont pourtant que des victimes de troubles de l’apprentissage. Dyslexie, dyspraxie, dysorthographie…

 

Dans son cabinet installé rue Roth, Thomas Buttaci, neuropsychologue, diagnostique huit enfants sur dix souffrant de difficultés à l’école, "Dys". Il les suit, développe individuellement des techniques comportementales. Mais avec sa consœur, Stéphanie Bédé-Völker, psychologue et hypnothérapeute, il compte proposer une nouvelle prise en charge. Des ateliers de groupe pour ados Dys. « Nous avons beaucoup réfléchi pour cibler l’âge », reconnaît Stéphanie Bédé-Völker. Et retenir la tranche 10-14 ans. « Un âge super, où les jeunes sont attentifs (et réceptifs) à l’hypnose. »

Six séances

Le premier groupe sera accueilli le 3 janvier, à raison d’une séance hebdomadaire de 17 h 30 à 18 h 45 durant six semaines. Mais avant, l’équipe rencontrera chaque adolescent, pour l’interroger à travers un questionnaire. « Pour tous, le diagnostic est déjà posé. »

 

La plupart rencontrent des difficultés de concentration. L’apprentissage de l’écriture et de la lecture leur est complexe. « Il leur est difficile d’être attentif », de comprendre les consignes d’un exercice, d’orthographier des mots. « Ils écrivent comme ils entendent. Apprendre une langue étrangère leur est compliqué », observe Thomas Buttaci.

 

Les troubles Dys ne sont pas une maladie, « mais des symptômes neuro-développementaux , recadre le spécialiste . On ne connaît pas vraiment leur origine ». On ne peut pas les "guérir", mais les contourner en acquérant des techniques.

 

Pour y parvenir, les deux praticiens utiliseront l’hypnose, « pour aller chercher en soi les compétences et les activer , poursuit la psychologue. L’hypnose va leur procurer des perceptions corporelles, un état de bien-être profond. » Mais contrairement aux idées reçues véhiculées par l’hypnose spectacle, le patient ne perd à aucun moment conscience. « Il voit tout, entend tout », se retrouve dans un état proche de l’endormissement.

Vers l'autonomie

En groupe, les adolescents réaliseront qu’ils ne sont pas les seuls confrontés à ces difficultés et pourront retrouver leur estime, leur confiance.

 

Passé ce temps d’échange, ils apprendront à mieux identifier leurs compétences à travers des exercices qu’ils pourront reproduire chez eux. « L’objectif est qu’ils soient autonomes ensuite, ils travaillent sans nous.»

 

Au terme des six séances, les deux praticiens formés à l’auto-hypnose aviseront de la suite à donner au cas par cas. « Nous avons mis en place des techniques qui n’existent pas, alliant l’hypnose et la neuropsychologie. » Mais tous deux sont convaincus que les participants trouveront les moyens pour maîtriser leurs symptômes. « Il y a une vraie demande de trouver des solutions différentes, autres que les médicaments. »

 

Article relayé par Aurélie KLEIN pour le Républicain Lorrain.

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