Sommeil : quand recourir à l’hypnose ?

Photo by Matt Haggerty on Unsplash
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A l’hôpital ou en cabinet, l’hypnose peut soulager des symptômes ou des maladies en complément ou en remplacement de traitements conventionnels. Avec des résultats très probants concernant les troubles du sommeil.

« Vous êtes mon dernier espoir ! » Voilà ce qu’entend parfois Jean-Yves Delafosse quand il reçoit des patients souffrant de troubles du sommeil. Ce psychiatre, rattaché au Centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu, dit souvent qu’il n’est pas un magicien et déconseille d’avoir trop d’attentes à l’égard de l’hypnose, même si cette pratique est efficace avec l’insomnie et les parasomnies (somnambulisme, somniloquie, sexsomnie, catathrénie, terreurs nocturnes,…). « Cela donne de très bons résultats quand les troubles résultent d’une croyance qu’on a construite, être insomniaque par exemple, ou qu’on vous a inculquée pendant l’enfance », confirme Laurence Dudek, psychothérapeute.

 

Toute personne en bonne santé mentale peut tirer bénéfice de l’hypnose

A l’hôpital de la Pitié Salpétrière, on l’utilise dans le cas du somnambulisme sévère et dangereux, pour réduire les risques qu’encourent les malades, capables de se défénestrer en pleine nuit. En 2014, une étude menée par les universités de Fribourg et Zurich a montré, électroencéphalogrammes à l’appui, que l’hypnose augmentait de 80 %  le sommeil profond  et réduisait le temps d’endormissement chez des volontaires « hautement sensibles à la suggestion », par comparaison à un groupe contrôle « modérément sensible ».

 

Cette pratique s’adresse à toute personne en bonne santé mentale et elle fonctionne très bien avec les enfants. Le premier rendez-vous permet d’évoquer le contexte (familial, social) dans lequel le trouble du sommeil survient. Après quoi, chaque séance durera de 45 minutes à 1 heure avec à chaque fois une évaluation des effets de la séance précédente pour permettre au thérapeute de déterminer le chemin à suivre. 25-30 minutes seront consacrées à l’hypnose.

 

Trouver un Hypnothérapeute

Il faut atteindre l’état de transe pour que les suggestions fassent effet

Techniquement, l’hypnothérapeute utilise la voix pour déplacer les perceptions sensorielles du patient et l’amener à un état de conscience modifiée, la transe, qui n’est ni de l’éveil, ni du sommeil. C’est le moment de suggérer des changements pour changer le contenu d’un cauchemar (limer les lames de la scie circulaire qui veut vous couper en deux), d’une croyance (je suis insomniaque), ou pour réduire un danger (ne plus aller à la fenêtre pour un somnambule). « On s’adresse directement à l’inconscient » explique Jean-Yves Delafosse « on utilise des métaphores, des images inspirées par la personnalité, les passions du patient. Et plus il a un univers mental riche, plus la suggestion fonctionne. On peut aussi désactiver ou changer les éléments d’un traumatisme à l’origine d’un trouble.»  L’hypnose peut agir en une fois, mais plusieurs rendez-vous sont conseillés pour s’assurer que ses effets seront durables. Enfin, il est parfois bon de repartir accompagné car une phase de confusion peut suivre la séance et rendre les déplacements dangereux, surtout si on conduit.

 

L’hypnose est enseignée en faculté de médecine depuis 2001 mais tous les thérapeutes ne sont pas médecins et les formations sont variées. Pour faire le tri, Jean-Yves Delafosse suggère de faire appel au bouche à oreille pour vérifier la réputation et l’expérience du professionnel et de porter son choix sur quelqu’un de respectueux et qui inspire confiance. Enfin, il essentiel que les séances soient filmées selon lui, pour éviter tout problème médico-légal, la vidéo étant versée au dossier médical, d’autant que les souvenirs de la séance ne reviennent que petit à petit, après une phase d’amnésie partielle.

 

Article relayé par rédaction de Caminteresse.fr

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