Se remettre d'un abus sexuel avec l'aide de l'hypnose

IL EST TOUT À FAIT POSSIBLE DE SURMONTER UN TRAUMATISME SUITE A UN VIOL AVEC L’HYPNOSE.

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L’ABUS SEXUEL

Un abus sexuel se caractérise par toute contrainte (verbale, visuelle ou psychologique) ou tout contact physique, par lequel une personne se sert d’un enfant, d’un adolescent ou d’un adulte, en vue d’une stimulation sexuelle, la sienne ou celle d’une tierce personne.

 

Une étude canadienne a montré que 40% des femmes ayant un handicap physique vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie. De 39 à 68 % des femmes présentant une déficience intellectuelle seront victimes d’au moins une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans.

 

Le plus souvent commises par des proches et des personnes connues des victimes (dans plus de 80 % des cas), elles sont présentes dans tous les milieux. Les abus sexuels touchent surtout les femmes et les enfants et ils sont en grande majorité commis par les hommes, mais les violences sexuelles commises par les femmes (essentiellement sur des enfants) restent encore très méconnues et sous-estimées.

 

La victime est incapable de se positionner clairement face à une telle agression. Simplement parce qu’elle est trop impressionnée par l’agresseur et craint de lui déplaire ou par peur des répercussions sur l’environnement et en particulier sur l’ensemble de la famille. Elle craint très souvent de ne pas être crue. Et c’est malheureusement ce qui se passe le plus souvent. En particulier, lorsqu’il s’agit de personnalités jouissant d’une belle image publique comme des religieux, des entraineurs de sport, des professeurs ou des professionnels de santé.

LES CONSÉQUENCES D’UN ABUS SEXUEL

Au début, la personne semble faire face, et puis, sans cause apparente, les troubles vont apparaitre : cauchemars, images violentes, la victime est emprisonnée dans des souvenirs qui lui font sans cesse revivre le traumatisme. Et ces souvenirs vont entrainer un changement de son état émotionnel et physique. Elle évite tout ce qui peut lui rappeler les faits, c’est ce que les spécialistes appellent un comportement d’évitement. Elle peut aussi être en état d’hyper vigilance et sursauter au moindre bruit. Ces troubles peuvent s’accompagner d’un manque de concentration et d’insomnie.

 

Malgré le fait que, pour une période de leur vie, certaines victimes réussissent à fonctionner tant bien que mal en apparence, il arrive néanmoins un moment, habituellement vers la quarantaine, où elles ne peuvent plus repousser les symptômes sans aggraver leur déséquilibre. La dépression, la maladie ou d’autres conditions encore plus sévères les guettent.

 

Les conséquences d’un abus sexuel sont très nombreuses et parfois propres à chaque individu. Cependant, un certain nombre de facteurs se retrouvent d’un patient à l’autre :

 

  • Des apprentissages scolaires et professionnels difficiles
  • Adaptation sociale difficile (souvent lié à la peur d’être de nouveau trahi ou manipulé)  
  • Une vie sexuelle détériorée (hypersexualité ou manque de libido, absence de plaisir, douleurs, comportements sexuels à risque, etc. )
  • Sentiment de honte et de culpabilité
  • Sentiment de solitude et d’insécurité angoissante
  • Se mettre au service d’autrui (la plupart des victimes d’abus sentent le besoin de compenser pour répondre à leur besoin d’être aimé. Ils apprennent donc à se faire apprécier en se mettant au service des autres, et ce, trop souvent, en reniant leurs propres besoins).
  • Difficultés à repérer ses propres besoins et à y répondre
  • Dissociation du corps (pour fuir la réalité, l’imaginaire permet alors de ne plus ressentir la douleur. Il y a donc dissociation entre les sensations du corps et l’interprétation que l’esprit lui donne).
  • Méfiance envers le conjoint, surtout si celui-ci est du même sexe que l’abuseur.
  • Risque de rechercher en l’autre un parent « réparateur », ce qui peut amener la personne dans des états de rage et de frustration intenses lorsque ses attentes ne sont pas comblées par son conjoint.

 

Les symptômes psychologiques ici décrits permettent de constater comment les blessures et les séquelles subies par les victimes d’abus sont lourdes. Elles atteignent la plupart du temps les bases mêmes du développement de la personnalité.

L’HYPNOTHÉRAPIE POUR FAIRE FACE À UN ABUS SEXUEL

séance d'hypnose

 

Après de tels chocs, 10% des femmes et 5% des hommes qui en sont victimes développent un stress post-traumatique. C’est un trouble anxieux, qu’on soit directement victime ou parfois témoin.

 

Un travail en hypnose se découpe en plusieurs parties, et la première consiste à proposer une alternative la plus saine à ce moment, qui est de permettre au patient à accepter et à affronter la réalité. Plus les victimes arrivent à vivre les émotions qui font partie de leur réalité "d’abusées", plus il leur est possible de retrouver une certaine paix. La vie est de moins en moins une boite à surprise qui risque d’éclater aux moindres stimuli. Les souvenirs peuvent revenir à la mémoire sans être aussi envahissants et menaçants, dans le but de les traiter plus sainement. Alors, il devient donc possible de prendre une certaine distance par rapport à ce passé. Mais cette fois-ci, parce qu’il est mieux digéré. Cela permet de vraiment passer à autre chose, de vivre le moment présent dans une plus grande liberté.

 

L’hypnose permet au sujet de maitriser l’anxiété qui survient lorsque des images du trauma s’imposent à lui. Cette technique a un effet de distanciation et lui permet de prendre du recul. Toutes ces techniques, permettent d’accroitre et de nourrir un sentiment de sécurité, une meilleure estime de soi et surtout de reprendre le contrôle sur ces symptômes de dissociation. Cette nouvelle ressource peut devenir un moyen très efficace de lutter contre les effets du trauma et la réminiscence des flashbacks.

 

Le traitement par l’hypnose d’un tel évènement consiste à redonner un contrôle sur l’anxiété, et met en place une désensibilisation par rapport à l’évènement traumatique. Ainsi l’hypnose permet de faire disparaitre les habitudes d’évitement mises en place et de voir les cauchemars, les réminiscences, les souvenirs répétitifs perdent alors de leur intensité émotionnelle.

 

Spécialisé dans la gestion du stress et des traumatismes, le travail de l’hypnose se déroule en plusieurs étapes : identifier les sources, puis neutraliser les charges émotionnelles conscientes et inconscientes liées. Ensuite, la phase de « reconstruction » apporte les ressources nécessaires pour transformer l’expérience et pacifier l’histoire du sujet.

 

L’autre adversaire de la victime d’un abus sexuel, c’est elle-même, c’est la détermination de la personne à rester dans sa souffrance, dans sa mort spirituelle et psychique et à refuser de revivre. C’est tout le travail de l’hypnose.

RETROUVER DES RELATIONS SEXUELLES APAISÉES

retrouver relations sexuelles

 

Immédiatement après un abus sexuel, ou parfois plusieurs années plus tard, des troubles de la sexualité peuvent apparaitre. Une approche par l’hypnose peut-être très intéressante, que ce soit pour traiter un manque de libido, une hypersexualité, une absence de plaisirs, des douleurs ou un blocage.

 

Un outil dont peut se servir un professionnel de l’hypnose, c’est l’ancrage. Un ancrage est une réaction provoquée par une action convenue au préalable. Par exemple, on pourra associer le fait de se pincer la paume de la main à un état de relaxation. Ainsi, lorsque vous vous pincerez la paume la main, cela vous permettra de ralentir votre rythme cardiaque, et de vous amener dans un état de relaxation et de calme, ce qui aura pour effet de vous libérer de toutes les tensions. Plutôt que d’utiliser une action mécanique pour déclencher cet état, on pourra choisir un mot-clé.

 

Lors de moments intimes pendant lesquels ressurgissent ces « flashbacks », la personne pourra cesser le rapport intime en rouvrant les yeux (ou les fermer s’ils étaient ouverts), puis se remémorer le mot-clé de l’ancrage permettant de retrouver instantanément un sentiment de sécurité et ne reprendre la relation que si les deux partenaires sont d’accord. Cela constitue une phase importante de mise en confiance en soi et en sa capacité de dire « stop ». Sans que l’enjeu soit la relation ou l’amour, mais plutôt le développement des plaisirs sexuels partagés. Ainsi, lors des rapports intimes les « flashbacks » (images, émotions ou douleurs physiques) se feront de plus en plus rares en se concentrant sur les plaisirs, c’est-à-dire, sans laisser ces « flashbacks » prendre le dessus.

 

Les douleurs et mémoires intimes douloureuses partent et laissent de plus en plus de place au plaisir, et à une forme de complicité que la femme expérimente entre elle et son sexe. Il se peut que les rapports soient fluctuants. Si une fois les choses se passent très bien, il se peut que l’expérience soit décevante la fois suivante, provoquant moins de plaisir, où alors la femme libèrera des émotions enfouies plus profondément, c’est tout à fait normal. Une fois atteint un aspect positif, le processus naturel de libération fera remonter des souvenirs moins douloureux jusqu’à leur extinction définitive. Les images et les sensations du ou des abus vous pollueront de moins en moins souvent. Il est important de ne pas lutter contre, mais de les laisser partir et de revenir à des plaisirs soit récents soit plus anciens, et de cultiver ces émotions positives. Tout ceci est facilité par un travail de libération émotionnel qui peut être fait par l’utilisation d’une autre technique, l’EMDR.

L’EMDR POUR SE REMETTRE D’UN ABUS SEXUEL

EMDR

 

Il y a vingt-cinq ans, l’EMDR faisait rire ; aujourd’hui, elle fait la différence. Très décriée à ses débuts, cette thérapie « pour l’angoisse, le stress et les traumatismes », qui soigne l’esprit en faisant bouger les yeux, est désormais très plébiscitée.


Californie, 1987. Une jeune femme se promène dans un parc. La tête pleine de « ces petites pensées négatives qu’on remâche sans arriver à les digérer », elle suit machinalement du regard les enfants qui jouent, les couples enlacés, les escadres de canards sur le lac. Et, tout à coup, elle constate que ses préoccupations ont disparu « toutes seules », laissant la place à une sérénité teintée de bonne humeur. Une autre aurait attribué ce phénomène aux vertus conjuguées du grand air et de l’exercice et n’y aurait plus pensé. Mais Francine Shapiro n’est pas n’importe qui. Doctorante en psychologie, elle a l’habitude de se servir d’elle-même comme d’un « laboratoire pour mes recherches corps-esprit ». Tout en continuant à marcher, elle entreprend donc de s’observer attentivement. Aucun doute : plus elle bouge les yeux de gauche à droite et inversement, plus ses problèmes s’estompent. Et, quand elle tente de se refocaliser volontairement sur eux, ils ont perdu leur charge émotionnelle négative.

 

C’est ainsi qu’est né l’EMDR, EyeMovement Desensitization and Reprocessing ou Désensibilisation et Reprogrammation par les Mouvements Oculaires. « Le fonctionnement de cette technique thérapeutique n’est pas encore entièrement élucidé, parce que la neurophysiologie du cerveau reste en partie mystérieuse, explique la psychologue Evelyne Josse, responsable du comité Communication pour EMDR-Belgique.


Mais une chose est sûre : l’EMDR reproduit les mouvements oculaires rapides qui surviennent spontanément pendant le sommeil paradoxal ou sommeil de rêve, le stade du sommeil où sont traités et « digérés » les évènements vécus pendant la journée. » Notre cerveau possède en effet un système naturel de guérison qui nous permet de surmonter les difficultés quotidiennes en les re-traitant dans notre cortex préfrontal, siège du raisonnement. Face à certaines expériences traumatisantes, toutefois, ce mécanisme peut s’enrayer.


L’information relative à cette expérience est alors stockée dans notre cerveau émotionnel, au niveau de l’hippocampe et de l’amygdale, où elle reste comme enkystée, hors d’atteinte de notre cerveau rationnel, explique Evelyne Josse. Et, dans le réseau de mémoire dysfonctionnel ainsi créé, il suffit d’un rien – une rencontre, un sentiment d’impuissance, voire un simple symptôme physique comme l’accélération des battements cardiaques, par exemple – pour réactiver les émotions liées à l’expérience traumatisante, au point de perturber la qualité de vie et parfois l’équilibre psychique de la personne. »

 

Le rôle de l’EMDR est de débloquer la situation en amenant le patient à revivre, dépasser et retraiter le traumatisme, jusqu’à ce qu’il puisse le classer à sa juste place dans l’album de sa vie, au lieu de se laisser envahir par lui. « Les mouvements oculaires ne sont d’ailleurs pas indispensables, précise Evelyne Josse. L’important est que la stimulation soit bilatérale. Des tapotements sur les mains ou les genoux, ou bien des bips sonores dans une oreille puis dans l’autre, se sont révélés tout aussi efficaces. » Mais, quelle que soit la forme de stimulation choisie, peu de patients sont conquis d’emblée. « J’étais très sceptique, avoue Isabelle, 36 ans, dont la personnalité avait été transformée par un viol subi à l’âge de 17 ans. Je n’avais pas voulu consulter de thérapeute, j’étais persuadée de pouvoir m’en sortir seule, mais j’étais devenue très agressive.


Et, après mon mariage, il y a deux ans, cette agressivité s’est tellement exacerbée que la séparation nous est bientôt apparue comme la seule solution possible. Sur l’insistance de mon mari, cependant, nous sommes allés voir un thérapeute de couple. C’est lui qui m’a recommandé l’EMDR. Nous avons fait quatre ou cinq séances, au cours desquelles, à travers des séries successives de mouvements des yeux, j’ai dû revivre le viol, à plusieurs reprises, de façon chaque fois différente. Je me sentais un peu ridicule, comme une petite fille à qui on demande de refaire sans cesse le même dessin sur une feuille blanche.

J’ai réussi à prendre mes distances par rapport au passé, et je me suis beaucoup adoucie. Désormais, je parviens à parler de ce qui m’est arrivé, ce que je ne faisais jamais autrefois. Et mon mari et moi sommes toujours ensemble. »

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la façon dont l’hypnose pourrait vous aider surmonter le traumatisme d'un abus sexuel, vous pouvez contacter un professionnel qualifié dans votre région ou prendre rendez-vous en utilisant l’outil de recherche situé sur la page d’accueil de ce site.

Le déroulement d'une séance « Détendez-vous ! »

35 minutes à 1h30

Présentation

Vous apprenez à connaitre votre praticien, tout comme lui apprend à vous connaître. N’hésitez pas à lui faire part de vos appréhensions s’il y en a, il sera disposé à répondre à toutes vos questions. Le praticien considère ce que vous êtes en tant que personne dans son ensemble, et pas uniquement la problématique que vous amenez : vous êtes bien plus que votre problème et cette notion est importante pour que le changement soit durable et efficace.

Vos objectifs

Lors de cette deuxième partie, vous et votre praticien évoquerez les objectifs fixés. Il s’agit ici d’en savoir plus sur les raisons de cette séance, et les buts à atteindre pour que vous vous sentiez mieux.

Explication du travail à faire

Maintenant, le praticien à une idée de la manière dont le travail va s’effectuer. Il va vous expliquer le déroulement de la séance et vous guider. Sentez-vous libre d’exprimer ce que vous ressentez et ce dont vous avez besoin pour vous sentir au mieux pendant la séance.

La séance

« Dormez, je le veux ! » Cette formule légendaire est désormais réservée au music-hall… Pratiquée par un praticien, l’hypnose est déclenchée de manière très progressive. Vous êtes libre de parler et de répondre si vous en avez envie ou de répondre intérieurement aux questions et aux phrases qui sont dites. Tout ce que vous aurez besoin de savoir, c'est qu'a partir de maintenant le changement est en marche.

Le réveil

Même si l’état d’hypnose est loin d’être un état de sommeil, nous parlons de « réveil », une façon de revenir à la surface pour profiter des changements qui se sont effectués. Cette dernière étape est souvent l'occasion d’échanger avec son praticien sur la manière dont s'est déroulée la séance.

Présentation Vos objectifs Explication du travail à faire La séance Le réveil